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Fashion Forward....3 siècles de mode aux Arts Décoratifs (1715 - 2016) - 1ère Partie -

Nous allons vous parler d'une exposition qui se déroule aux Arts Décoratifs jusqu'au 14 août et qu'il ne faut absolument pas manquer.....

Expositin Fashion Forward Exposition Fashion Forward

"Fashion Forward" est une superbe rétrospective de la mode féminine, masculine et enfantine en France de la Régence à aujourd'hui.

Une fois les escaliers menant à la grande nef montés, les premières salles sont consacrées au XVIIIème siècle français. L'exposition s'ouvre par un modèle de robe dite "Volante" ou "Battante" très en vogue en France sous la Régence. Portée sur un panier circulaire, cette robe n’est qu’à demi fermée sur le devant laissant voir le corps à baleine. Elle se caractérise par des soieries richement dessinées, des manches dites en raquette et surtout par des plis dans le dos partant de l’encolure connus sous le nom de « plis à la Watteau ».

Robe volante Régence Robe volante Régence

Puis de façon chronologique, nous arrivons à la période correspondant au règne de Louis XV et de la non moins célèbre Marquise de Pompadour et des robes dites "à la française". Ce type de robe née sous la Régence reprend quelques caractéristiques de la robe Volante, dont l’utilisation des paniers, mais surtout le fameux pli « Watteau » et les manches dites « Pagode ». La seconde particularité de la robe à la Française est son ajustement sur le devant du buste et le dos relativement lâche, ce qui en fait une robe plutôt agréable à porter.

Robe à la française Louis XV Robe à la française, vers 1760 ©Jean Tholance
Paniers d'une robe à la française Paniers d'une robe à la française

Les Hommes passent des justaucorps à des habits à la française composé de l’habit, du gilet et de la culotte. Ce costume perdant de son ampleur vers le milieu du XVIIIe siècle. Les pans de devant de l’habit, prennent progressivement une coupe oblique. Le gilet qui se substitue à la veste, se porte plus court que l’habit. A partir de 1745, la culotte passe par-dessus le bas et est ajustée au-dessous des genoux par des jarretières.

Gilets pour Hommes Gilets pour Hommes

L'époque Louis XVI occupe une place à part dans l'histoire du costume féminin et présente un intérêt particulier. Les robes à la française ne sont plus portées qu'à la Cour, ou lors de Cérémonie. La garde-robe féminine se diversifie et voit apparaître de nombreux types de robes dont les célèbres robes "à la Polonaise".

Costumes Fin XVIIIème s. Costumes Fin XVIIIème s.
Robe Fin XVIIIème s. Robe Fin XVIIIème s.

Dès le Consulat, la mode se simplifie de par les influences de l'Antique et la célèbre robe dite "à l'Empire" fait son apparition par l'intermédiaire de Joséphine de Beauharnais. Les femmes se libèrent des paniers et des corsets, se tournent vers des robes plus légères. Les étoffes deviennent plus fines, presque translucides favorisant le drappé néo-classique.

Costumes Empire Costumes Empire
Robes "Empire" Robes "Empire"
Costumes de Cérémonie  sous l'Empire Costumes de Cérémonie
sous l'Empire

Puis les robes à partir de la Restauration se diversifient, la mode des cotonnades devançant les soieries très en vogue sous Napoléon Ier.

Robes vers 1820 Robes vers 1820

La période "romantique" des années 1830 se fait également ressentir dans la mode avec notamment les robes "de jour" se caractérisant par de jolies manches "gigot", une jupe volumineuse sur une taille très fine, conférant une silhouette "en sablier".

Robe de Jour, circa 1830 Robe de Jour, circa 1830, percale imprimée
Robe de Jour, circa 1830 Robe de Jour, circa 1830, linon brodé au plumetis
Robe, circa 1835, mousseline de coton imprimée Robe, circa 1835, mousseline de coton imprimée
Robe, vers 1850, taffetas de soie imprimée Robe, vers 1850, taffetas de soie imprimée

Et peu à peu apparaissent les fameuses "Crinolines" comme interprétation des paniers.

Système de crinoline Système de crinoline

A partir de 1945, les robes à transformation apparaissent, elles sont constituées d'au moins 2 corsages que l'on peut changer selon les occasions, généralement l'un pour le jour l'autre pour le soir. Tout d'abord ronde, elle projette sa masse vers l'arrière à partir de 1860. Puis redevient un modeste tronc de cône à partir de 1867.

Robes Second Empire Robes Second Empire
Robes Second Empire Robes Second Empire
Robe à transformation, circa 1870, organdi de coton Robe à transformation, circa 1870, organdi de coton ©Jean Tholance
Maison Worth :

Charles Frédéric Worth (1825-1895) fonde sa maison de couture en 1857. Il est le premier à généraliser le principe de collections saisonnières, à organiser des défilés de modèles et surtout à signer ses créations par une griffe. A partir de la IIIème République, la tournure apparaît. Les robes forment derrière un pouf. Pour sortir, on porte le jour une visite, sorte de petit manteau léger. La tournure évolue au cours des années, elle subsiste sous l'aspect dit d'une "queue d'écrevisse", puis dit "strapontin". Sous prétexte de correction, les costumes masculins se font de plus en plus sombres et rigides. Le jour, le complet veston s'impose.

IMG_5629 F. Worth, Robe du soir, vers 1885, satin de soie

IMG_5627 IMG_5628A la Belle Epoque, Jacques Doucet se distingue dans sa boutique du 21 rue de la Paix à Paris où il compose pour ses clientes éprises de nostalgie une mode évocatrice des grâces du  XVIIIème siècle. Il n'est pas l'inventeur d'une forme de robe ou d'un vêtement, mais l'interprète d'une conception de la féminité, fragile, fluide et infiniment sophistiquée. Son art s'épanouit essentiellement dans de coûteuses robes d'intérieur, des négligés et déshabillés mousseux. Jacques Doucet élabore un style arachnéen, à base de combinaisons de dentelles, de plissés, de broderies : la superposition des transparences, caractéristique de Doucet, qui crée autour du corps féminin un bouillonnement vaporeux, renvoie à l'idéal d'une féminité désincarnée, diaphane, que la peinture et la poésie symbolistes évoquent alors. C'est de mousseline, de tulle, de satin, aux nuances pastel, que Doucet revêt ses clientes ; les fleurs brodées, tissées, imprimées ou peintes dont il pare ses robes évoquent aussi bien le répertoire végétal rococo, que celui de l'Art nouveau.

Jacques Doucet, Jacquette vers 1898-1900 portée par Cléo de Mérode Velours de soie, broderie de perle de jais et paillettes Jacques Doucet, Jaquette vers 1898-1900 portée par Cléo de Mérode Velours de soie, broderie de perle de jais et paillettes
J.Doucet, Jaquette devant J.Doucet, Jaquette devant
Mariano Fortuny :

Mariano Fortuny est un couturier d'origine espagnole qui fit carrière à Venise au début du XXème siècle. Il révolutionna la mode en élaborant des coupes épurées grâce à des techniques innovantes permettant leur maintien. En 1907, il conçut une de ses plus célèbres créations : la robe « Delphos ». Inspiré par la Grèce antique et ses statues, il met au point une robe en soie plissée, retenue aux épaules, glissant le long du corps pour révéler les formes naturelles de la physionomie féminine. La robe était conçue d’une seule pièce. Pour l’assembler, il utilisait des perles de verre qu’il plaçait aux emmanchures et tout au long des coutures latérales. Ce détail ajoute un aspect luxueux et raffiné à la créations, mais les perles servaient également de lest pour parfaire le tombé du tissu. La robe « Delphos » est une œuvre artistique dans la conception de sa pigmentation. Fortuny et sa femme teignent de la soie grège avec des produits naturels pour obtenir des nuances délicates. Les tissus sont conçus comme des peintures. La soie reçoit plusieurs couches successives pour créer un effet de lumière et de transparence. Mariano imprime et retouche le tissu à l’aide d’un pinceau. Il crée des textures et des accords picturaux qui ne se répètent jamais. Dans sa robe « Delphos » il n’y a pas d’accessoires superflus ni d’artifices. Ses vêtements répondent à sa conception originale: sublimer le corps de la femme sans le contraindre. La femme est libre de ses mouvements.

Mariano Fortuny, Robe Delphos (1907) Mariano Fortuny, Robe Delphos (1907)
Babani :

Ouvert Boulevard Haussmann à Paris en 1894 par Vitali Babani, le magasin Babani est spécialisé dans la vente d'objets d'art, de soieries du Moyen-Orient, mais aussi de kimonos importés d'Extrême-Orient. Babani réalise également des modèles de kimonos confectionnés dans ses ateliers de Kyoto et griffés de son nom. Apprécié des élégantes de la Belle Epoque pour son ampleur et la facilité des mouvements qu'il permet, le kimono traditionnel s'occidentalise.

Babani, Kimono (1905-1910) Babani, Kimono (1905-1910), pongé de soie, brodé or
La maison Callot Soeurs :

La maison Callot Sœurs fut fondée en 1895 rue Taitbout à Paris dans le 9ème arrondissement par les quatre sœurs Callot (Marie Gerber, Marthe Callot Bertrand, Regina Callot Tennyson-Chantrell et Joséphine Callot Crimont). Les sœurs connaissent le succès grâce à leurs travaux sur l’amélioration de blouses et de lingeries avec l’ajout de dentelle et rubans. Le succès les conduit naturellement à une diversification en élargissant leur activité à d’autres vêtements. Les sœurs Callot appréciaient le style orientaliste, leur style était caractérisé par des motifs floraux, des broderies et la présence de manches kimonos. Elles remirent certaines matières au goût du jour comme les dentelles anciennes, la gabardine caoutchoutée ou encore la soie chinoise. Elles furent à l’origine du lamé or et argent pour le soir, très prisé à l’époque par les actrices et autres personnalités internationales. Elles furent très influentes dans les années 20.

Callot Soeurs, Robe, vers 1909-1913, satin de soie et tulle métallique © Jean Tholance Callot Soeurs, Robe, vers 1909-1913, satin de soie et tulle métallique © Jean Tholance
  A suivre les années Art Déco.....

By Elodie Froger
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